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Maladie, réseaux sociaux et arnaques : quand l’algorithme exploite la vulnérabilité

Les personnes malades ou agées sont plus exposées aux arnaques sur les réseaux sociaux. Algorithmes, deepfakes médicaux et publicités frauduleuses exploitent leur vulnérabilité.

Maladie, réseaux sociaux et arnaques : quand l’algorithme exploite la vulnérabilité

Dans ce contexte, les réseaux sociaux deviennent un espace de distraction, de recherche d’informations, voire de réassurance. Le simple fait de faire défiler un fil d’actualité permet de s’occuper l’esprit.

Une présence accrue sur les réseaux sociaux liée à la maladie

Être malade signifie souvent passer plus de temps chez soi, avoir des périodes d’inactivité forcée ou des difficultés à maintenir une vie sociale classique. Les réseaux sociaux deviennent alors un réflexe. On scrolle, on lit, on regarde des vidéos, parfois sans objectif précis, simplement pour combler le temps ou tenter de comprendre ce qui nous arrive.

Un algorithme qui observe, classe et amplifie

Sur des plateformes comme Facebook, l’algorithme analyse en permanence les comportements : pages suivies, contenus regardés, temps passé sur certains sujets.

Le problème est que cette adaptation ne cherche ni l’équilibre ni la nuance. Elle fonctionne par répétition. Plus un sujet apparaît, plus il est renforcé. La personne se retrouve progressivement enfermée dans un flux quasi exclusif de contenus liés à la maladie, aux troubles ou aux symptômes.

Quand l’information devient enfermement cognitif

À force d’exposition répétée, une confusion s’installe. Ce qui devait être de l’information devient un miroir permanent des inquiétudes. Le cerveau humain finit par associer fréquence et importance. Si un sujet revient sans cesse, il semble forcément central, voire déterminant.

Les publicités médicales frauduleuses, un danger majeur

Dans ce contexte apparaissent des publicités particulièrement problématiques : traitements miracles, compléments prétendument révolutionnaires, solutions rapides et définitives à des problèmes complexes.

Certaines utilisent des techniques de deepfake, mettant en scène de faux discours attribués à des médecins connus, comme Didier Raoult. Les voix sont souvent légèrement métalliques, les intonations artificielles, les propos simplifiés à l’extrême. Pour renforcer la crédibilité, ces contenus détournent parfois des images ou des extraits de médias reconnus, comme la RTBF, sans aucun lien réel avec eux.

Pour une personne informée et en bonne santé, ces signaux peuvent suffire à éveiller la méfiance.

De la manipulation psychologique à l’arnaque financière

La transition est rapide. Après la promesse vient l’achat. Dans certains cas, le produit n’est jamais livré. Dans d’autres, des formulaires frauduleux permettent de récupérer des données bancaires. Les conséquences peuvent être lourdes : comptes vidés, pertes financières importantes, sentiment de honte, peur de signaler l’arnaque ou de porter plainte.

La responsabilité des plateformes numériques

Le cœur du problème ne réside pas uniquement dans l’existence de ces arnaques, mais dans leur diffusion ciblée et répétée. Les plateformes disposent de moyens techniques avancés pour détecter les deepfakes, analyser les campagnes frauduleuses et limiter leur propagation.

Lorsqu’un système continue d’exposer massivement des personnes vulnérables à ce type de contenus, il ne s’agit plus d’un simple dysfonctionnement, mais d’un problème de responsabilité.

Informer sans enfermer, protéger sans exploiter

Parler de santé, de handicap ou de troubles invisibles est nécessaire et légitime. Mais informer ne signifie pas marteler. Sensibiliser ne signifie pas enfermer. Exposer en continu des personnes fragiles à des contenus anxiogènes ou frauduleux n’a rien de social ni de responsable.

Les réseaux sociaux devraient accompagner, pas accentuer la détresse.

Conclusion

Les personnes malades passent souvent plus de temps sur les réseaux sociaux, non par faiblesse, mais par nécessité ou par isolement. Cette réalité impose une vigilance accrue, tant de la part des plateformes que des institutions et des citoyens.

Protéger les plus vulnérables, ce n’est pas leur vendre des miracles.
C’est leur éviter d’être exploités.