
Une obligation réelle, mais encore très mal comprise
À partir de 2026, la facturation électronique structurée deviendra obligatoire pour les échanges entre entreprises en Belgique. Cette obligation concerne les indépendants, commerçants, artisans, professions libérales et sociétés disposant d’un numéro de TVA.
Sur le papier, la mesure est claire. Dans la pratique, elle est encore très mal comprise. Cette méconnaissance crée un terrain idéal pour la confusion, l’anxiété et, malheureusement, certaines dérives commerciales.
Facture électronique : ce que la loi impose réellement
Une facture électronique, au sens légal, n’est pas un simple fichier PDF envoyé par e-mail. Il s’agit d’une facture structurée, transmise via un réseau sécurisé et standardisé. En Belgique, ce réseau est Peppol.
L’objectif de cette réforme est de faciliter les échanges, réduire les erreurs, améliorer la traçabilité et lutter contre la fraude à la TVA. Il ne s’agit pas d’imposer un logiciel de facturation spécifique ni de forcer les indépendants à souscrire à un abonnement payant.
Facturation électronique ne veut pas dire logiciel payant
C’est ici que beaucoup de discours deviennent trompeurs.
La loi impose un mode de transmission des factures, pas l’achat d’un logiciel commercial. Un commerçant ou un indépendant n’a aucune obligation d’acheter un outil complexe ou coûteux pour être en règle.
Dans la majorité des cas, ce qui est exigé est relativement simple :
- pouvoir recevoir des factures électroniques,
- les conserver,
- les transmettre correctement au comptable.
Des solutions simples, accessibles et gratuites permettent déjà de répondre à ces obligations.
Une explosion de sites douteux autour de Peppol
Depuis plusieurs semaines, on observe une multiplication de sites et de publicités sur les réseaux sociaux autour de la facturation électronique Peppol. Une analyse technique rapide de certains de ces sites révèle des signaux préoccupants.
Beaucoup sont hébergés sur des infrastructures cloud génériques permettant un déploiement rapide et éphémère. Leur structure technique et éditoriale est souvent faible : hiérarchie des titres incohérente, contenus vagues ou traduits automatiquement, informations légales peu claires, discours très anxiogène.
Ces sites ne cherchent pas à informer, mais à capter rapidement l’attention et à pousser vers des abonnements présentés comme indispensables. Dans certains cas, cela peut mener à des pratiques abusives, voire à des risques de phishing ou de collecte de données sensibles.
Recevoir des factures et émettre des factures : deux réalités différentes
Un point essentiel est souvent oublié dans les publicités sur les réseaux sociaux : la différence entre recevoir des factures électroniques et en émettre.
Beaucoup d’indépendants et de commerçants reçoivent des factures, mais en émettent peu, voire pas du tout, ou facturent principalement des particuliers. Dans ce cas, la réception des factures électroniques est l’enjeu principal.
Pour ce profil, une solution gratuite ou très simple est largement suffisante.
Lorsque l’émission de factures électroniques est nécessaire, certaines options peuvent être payantes, mais il s’agit généralement de montants modestes, sans commune mesure avec les abonnements onéreux mis en avant dans certaines publicités.
Doccle : une solution crédible pour un commerçant ou un indépendant lambda
Certaines solutions se distinguent par leur sobriété et leur intégration naturelle dans l’écosystème comptable. Doccle en fait partie.
Doccle ne se positionne pas comme un logiciel de facturation miracle, mais comme un outil de réception, de centralisation et de transmission des documents. C’est précisément pour cette raison qu’il est souvent recommandé par les comptables.
Dans sa version gratuite, Doccle permet :
- de recevoir des factures électroniques via Peppol,
- de centraliser les documents administratifs,
- de recevoir les documents officiels via eBox,
- d’ajouter manuellement des factures,
- de transmettre automatiquement l’ensemble au comptable.
Pour un commerçant ou un indépendant sans besoins complexes, cette version de base est largement suffisante pour répondre aux obligations prévues en 2026.
Le rôle du comptable reste central
La facturation électronique ne remplace pas le comptable. Elle modifie simplement la manière dont les documents circulent.
Un outil bien choisi permet au comptable de recevoir automatiquement les documents, réduit les oublis et simplifie le travail de chacun. C’est précisément pour cette raison que les solutions sobres et bien intégrées sont privilégiées par les professionnels.
Conclusion
La facturation électronique obligatoire en 2026 est une évolution réelle et inévitable. Elle ne doit cependant pas devenir un prétexte à la vente de solutions coûteuses, inutiles ou anxiogènes.
Pour un commerçant ou un indépendant, il n’est pas nécessaire d’acheter un logiciel payant ni de souscrire à un abonnement. Des solutions simples, gratuites, existent déjà et sont largement suffisantes dans la majorité des cas.
Comprendre le cadre légal, distinguer l’obligation réelle du discours marketing et s’appuyer sur des outils recommandés par les professionnels permet d’aborder cette transition sereinement et intelligemment.